BONNE ANNEE
aux internautes !

 

31 Janvier 2006

VIVE LA FRANCE ! C'est bien le moment de le crier haut et fort, car mine de rien, une nouvelle Révolution Française vient de se produire, en douceur et sans faire couler le sang.
Contre toute attente et à contre-courant de la tendance mondiale, les députés français ont OSÉ !
A propos du "Droit d'Auteur" - déjà inventé par un français -, nos députés ont osé défier le gouvernement et voter un amendement insolent, incroyable, révolutionnaire ! Non seulement le projet de loi DADvSI n'est pas passé mais la voie est désormais ouverte à une "LICENCE GLOBALE" pour les contenus échangés sur le Net !!!...

L'EXCEPTION CULTURELLE FRANCAISE, encore et toujours !...
La liberté d'échange qui caractérise l'Internet et la liberté de copie privée, prépayée en France par la surtaxe des supports vierges, interdisaient de donner suite à un projet de privatisation masquée. Les "Majors" ne dicteront pas les lois de la République, et c'est heureux !

Bon ! Relativisons un peu... le jeu a été calmé par le report du débat au mois de Juin, mais la partie n'est pas terminée. Le Gouvernement va revenir à la charge car RDDV, notre sympathique Ministre de la Culture, a un mal fou à encaisser cette défaite. Il ne pourra cependant jamais plus faire comme si rien ne s'état passé et la bataille s'annonce dure pour lui, peut-être même - souhaitons le - perdue d'avance !

S'il est en effet très important et même "crucial" de garantir des revenus logiques et appropriés à la création artistique, et donc de rémunérer les oeuvres d'une manière quelconque, il est scandaleux de constater la décontraction du monde du showbiz face à la manne drainée chaque année par les SACEM et autres organismes spécialisés dans la collecte des Droits. On dirait bien que tout leur est dû ! Et ça n'est pas tant l'importance de la masse qui me choque, mais bien plutôt "sa répartition" puisque c'est le terme approprié.

En gros, 95% des recettes servent grassement une centaine d'auteurs et compositeurs. Les dizaines de milliers d'autres voient arriver des miettes, quand ils ont la chance d'en voir...
Pourquoi ?
Est-ce que vraiment la différence de talent entre des auteurs comme Goldman et d'autres moins connus justifie ce monstrueux écart ?
Non bien sûr !
Goldman est talentueux certes, et tant mieux pour lui si le système actuel lui profite - on comprend d'autant plus qu'il le défende - mais beaucoup d'autres le vaudraient bien s'ils avaient la chance qu'on puisse écouter leurs productions artistiques sur les radios ou la TV. Or, c'est bien là que le bât blesse :
Parce que les "Majors" s'organisent pour "occuper" le terrain et tendent à instaurer des "monopoles de fait". Nombre de Radios et chaînes de TV leur appartiennent ou sont liées par une participation dans leur capital. Par ailleurs, on sait que les programmateurs d'émissions (surtout d'émissions musicales et en particulier sur les radios privées) sont rémunérés par ces Majors.
Les temps d'antenne de ces Radios et TVs sont donc mobilisés de telle sorte que seuls leurs poulains aient toutes les chances d'être écoutés et donc de vendre des disques !...

La géniale émission "Star'Académie" sur TF1 est l'illustration éclatante de cette façon de procéder et c'est comme par hasard une coproduction d'UNIVERSAL, dont le PDG Pascal Nègre s'agite sur tous les plateaux possibles pour dénoncer le scandaleux piratage des "échangistes de la Culture". -- Quand je dis "géniale" à propos de la Star'Ac, c'est bien sûr sur le plan marketing, parce que pour le reste, les artistes qui en émergent ne doivent leur réussite qu'à eux-mêmes et à leur travail. La seule chose que leur apporte cette émission est justement l'ingrédient qui manque à tous les autres vrais artistes : la NOTORIETE.

Parce que les spécialistes du spectacle prémâché (qu'il soit musical ou hollywoodien) ont compris depuis belle lurette que ce qui compte n'est pas tant la marchandise elle-même - on peut vendre n'importe quelle bouillie si elle est bien emballée - que le réseau de diffusion et distribution du culturel.
Nous sommes à l'ère du pouvoir médiatique : Qui domine les consciences domine le monde ! L'Eglise l'avait compris depuis plus de mille ans et avait instauré les chaires dans les églises pour diriger la conscience du bon peuple. De nos jours, la Télévision a remplacé la chaire et les officiants sont devenus présentateurs du "20H00" ou des "émissions-cultes" (les expressions populaires sont pleines de bon sens) de promotion. Mais attention, pas n'importe laquelle ! La promotion de ce qui se VEND ! Pas de ce qui s'échange de manière conviviale et incontrôlée, et qui ne rapporte rien à personne !

Voilà dans quel monde nous vivons. Un monde où les médias cherchent à nous faire avaler tout et n'importe quoi.
J'ai connu un temps où la Télévision n'existait pas encore. Nos parents et grands-parents lisaient le journal local pour avoir des nouvelles du monde. Et ils disaient alors : "C'est vrai puisque c'est dans le journal !" On sait où cette désinformation les a conduits.
Aujourd'hui, la plupart des gens avalent sans mâcher l'insipide dégueuli de la boîte à images, et considèrent que les infos délivrées sont véridiques. Elles le sont la plupart du temps. Mais la manière dont on nous les diffuse, calculées, dosées comme une perfusion à un malade, joue un rôle bien plus important que l'information elle-même et la monopolisation des moyens de diffusion est bien plus importante que le contenu diffusé.

C'est ainsi que Bush a pu faire avaler au peuple américain la nécessité de faire la guerre à l'Irak. Trois ans plus tard, les intéressés commencent à s'apercevoir, enfin, de l'énorme connerie que c'était.

C'est ainsi également que les "Majors" de la Culture internationale influencent nos goûts musicaux et esthétiques sans que nous en ayons conscience.
Ce conditionnement rampant à une "culture globale américaine" durait en gros depuis la Seconde Guerre Mondiale, remplissant les poches de certains trusts internationaux du "produit culturel normalisé". Et voilà que depuis quelques années, un nouveau média est venu perturber ce bel édifice... Le Net a fait son apparition.
Indépendant, incontrôlé et incontrôlable par quiconque, convivial à souhait, sans autorité, sans loi, sans flic, sans pollution capitalistique ni corruption possible, un tel réseau ne pouvait que faire de l'ombre aux grands requins de l'information censurée et de la culture industrialisée. Voilà pourquoi depuis quelques années - en fait dès qu'ils en eurent pris conscience - les pouvoirs monopolistiques de tous ordres cherchent à récupérer et contrôler ce réseau.

Bush a appelé à la "Croisade" en prétextant la présence en Irak "d'armes de destruction massive" et en montrant du doigt de supposés "terroristes".
Tous les médias classiques aux USA lui étant affidés, il lui a fallu le "Patriot Act" pour rogner l'indépendance du Net. Ce procédé digne de l'Allemagne des années 30 a fonctionné : Les américains noyés dans une propagande guerrière ont réélu leur Fuhrer.
La finalité réelle, tout le monde s'en rend compte aujourd'hui, était tout simplement une mainmise mondiale sur le pétrole.

Les Majors tiennent le même raisonnement sur la culture : ils prétextent une défense de l'industrie du disque (paraît-il, une dangereuse baisse de ses ventes, ce qui est FAUX) et pointent le doigt vers de soi-disants "pirates". C'est uniquement pour mettre la main sur un système de diffusion hors de leur contrôle.
Ils ont bien failli y parvenir si l'Assemblée Nationale Française n'avait voté contre ce projet de Loi DADVsI. Mais heureusement, ça ne s'est pas passé ainsi.

Je suis donc pour une "Licence Globale". Résolument. Car des artistes, il n'y en a pas que chez les "Majors", et TOUS ont le droit d'être rémunérés pour leurs créations. Et ça ne se limite pas à la musique et au cinéma comme ce projet de Loi le prévoyait. Ce qui est applicable à la musique et au cinéma devrait l'être aussi aux "textes" en général. Qu'elle soit "paroles de chansons" ou "scénarii de films", l'écriture précède toujours la fabrication d'un produit artistique quel qu'il soit. Les industriels de l'édition musicale et les sociétés de Production de films sont au premier rang des chasseurs de soi-disant "pirates". Mais entend-t-on la voix des éditeurs de littérature ? Elle paraît bien faible. Pourtant, l'écriture a bien la part du lion sur le Net. Par essence même, puisque la forme écrite, qu'elle soit alphabétique ou numérique est la forme d'expression naturelle du réseau. Dès lors, si l'on veut réguler et faire rémunérer la création, je suis d'accord, mais pourquoi en limiter le champ d'application à la musique et au cinéma ?

En tant qu'auteur, tant comme webmestre que comme écrivain romancier et "scénartiste", je revendique le bénéfice de la Licence Globale pour moi et tous mes confrères !

 

Allez, malgré tout, paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté !


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